mardi 11 juillet 2017

"Mercier et Camier" de Samuel Beckett

"Mercier et Camier" de Samuel Beckett.
Ed. de Minuit 2016. Pages 212.

Résumé: Mercier et Camier nous invitent au voyage. La contrée qu'ils vont parcourir, une île jamais nommée, est parfaitement reconnaissable. C'est l'Irlande, merveilleusement décrite ici, avec ses landes de bruyères, les jetées de ses ports lancées vers le large pour enlacer la mer, ses sentiers parmi les tourbières, les écluses du canal de Dublin, tout un paysage si cher à Samuel Beckett et si souvent présent en filigrane dans toute son œuvre. Le but du voyage de Mercier et Camier n'est guère précis. Il s'agit " d'aller de l'avant ". Ils sont en quête d'un ailleurs qui, par nature même, s'abolit dès qu'il est atteint. Leurs préparatifs ont été extrêmement minutieux, mais rien ne se passe tout à fait comme prévu. Il faut d'abord parvenir à partir ce qui n'est jamais une mince affaire. Il faudra ensuite rebrousser chemin pour moins mal se remettre en route derechef. Il pleuvra énormément tout au long du voyage. Ils n'ont qu'un seul imperméable à se partager et, après maints efforts, leur parapluie refusera définitivement de s'ouvrir. Leur unique bicyclette va bientôt être réduite à peu de chose : on a volé les deux roues. Cependant, mille embûches ne peuvent les faire renoncer à quitter la ville. Mercier et Camier vont nous entraîner par monts et par vaux, et d'auberges en troquets où le whisky redonne courage. C'est qu'il faut du courage pour affronter leurs rencontres souvent périlleuses avec des personnages extravagants, cocasses ou inquiétants, voire hostiles, au point qu'un meurtre sera commis. De quiproquos en malentendus, de querelles en réconciliations, ainsi va le constant dialogue entre Mercier et Camier qui devisent et divaguent chemin faisant. Mercier et Camier sont unis dans l'épreuve et, si différents que soient leurs caractères, ils semblent à jamais indissociables. Cette solidarité survivra-t-elle aux péripéties du voyage ? Où vont-ils aboutir et peuvent-ils demeurer inchangés au terme d'une pérégrination si mouvementée ? 

La 7 de la page 7: "C'est une averse, plus ou moins prolongée, dit Mercier." 

"Mercier et Camier" est une oeuvre de Samuel Beckett, écrite en français par l'auteur et dramaturge irlandais. Si il est écrit en 1946, le roman ne sera pas publié avant 1970. 
Dès le départ, on ressent bien la patte de Beckett: deux personnages qui se cherchent sans se trouver alors qu'ils sont déjà, tout deux, présents. Ca nous rappelle quelque chose. 
La dualité du texte de "Mercier et Camier" est, elle aussi, propre à Beckett. On entre dans l'absurde et une réalité violente nous est offerte grâce à des métaphores dures qui dépeignent une réalité cruelle. Beckett est habile et nous envoie son message de manière cachée et pourtant tellement claire. 
L'écriture de l'auteur irlandais est exigeante et demande de la concentration à son lecteur. Beckett l'oblige à sortir de ses habitudes de lecture et de sa structure narrative plus conventionnelle. 
Mercier et Camier errent sans savoir réellement pourquoi, comme chacun d'entre nous. La destination, en elle-même, ils l'ignorent mais ils continuent quand même, inlassablement. Allégorie de la vie s'il y en a. Dans ce roman de Beckett, on rencontre des personnages burlesques et pourtant touchants par leur humanité. Où commence Mercier et où termine Camier, nous ne le saurons sans doute jamais. Un roman atypique sur deux êtres qui ne le sont pas moins. L'absurdité de l'être et de ses fondements, avec douceur et poésie. Un très bon moment de lecture. 

Extrait: "Assis au comptoir, ils devisèrent de choses et d'autres, à bâtons rompus, suivant leur habitude. Ils parlaient, se taisaient, s'écoutaient, ne s'écoutaient plus, chacun à son gré, et suivant son rythme à soi. Il y avait des moments, des minutes entières, où Camier n'avait pas la force de porter son verre à sa bouche. Quant à Mercier, il était sujet à la même défaillance."

vendredi 7 juillet 2017

"La malédiction de l'épouvanteur" de Joseph Delaney

"La malédiction de l'épouvanteur" de Joseph Delaney.
Ed. Bayard Jeunesse 2011. Pages 362.
Titre Original: "The Spook's curse"

Résumé:
Voilà six mois que tu es l'apprenti de M. Gregory, me dit maman. Tu as déjà été témoin de bien des événements. A présent, l'obscur t'a remarqué et va tenter de te neutraliser. Tu es en danger, Tom. Toutefois, rappelle-toi ceci lorsque tu seras un homme, mon fils, ce sera au tour de l'obscur d'avoir peur, car tu ne seras plus la proie, tu seras le chasseur. C'est pour cela que je t'ai donné la vie." L'Épouvanteur et son apprenti, ornas Ward, se sont rendus à Priestown pour y achever un travail. Dans les profondeurs des catacombes de la cathédrale est tapie une créature que l'Épouvanteur n'a jamais réussi à vaincre. On l'appelle le Fléau. Tandis que Thomas et M. Gregory se préparent à mener la bataille de leur vie, il devient évident que le Fléau n'est pas leur seul ennemi. L'inquisiteur est arrivé à Priestown. Il arpente le pays à la recherche de tous ceux qui ont affaire aux forces de l'obscur! Thomas et son maître survivront-ils à l'horreur qui s'annonce?

La 7 de la page 7:" Il ignorait qu'elle avait envoyé chercher l'épouvanteur." 

"la malédiction de l'épouvanteur" est le deuxième tome de la saga de Joseph Delaney. Et on peut dire que les choses commencent sur les chapeaux de roues. Tom entrave son premier gobelin et dès les premières pages, prend de l'envergure. De plus, on en apprend un peu plus sur l'épouvanteur. 
Tout de suite, dans ce tome, Tom et son maître se retrouvent en mauvaise posture. L'épouvanteur est présenté sous un jour nouveau, beaucoup plus sombre. 
Si le premier tome nous avait déjà emmené assez loin, ce deuxième volet nous transporte au-delà. Encore plus de rythme. Encore plus d'action. Sans oublier l'ombre d'Alice qui plane. 
Les personnages prennent en consistance et la narration est toujours aussi percutante. Delaney est très bon pour faire monter la pression. Tom est de plus en plus puissant et Alice de plus en plus énigmatique. Le seul reproche que l'on peut faire au personnage de Delaney est qu'il n'est quand même pas très vif d'esprit. On lui pardonne tout de fois en raison de son jeune âge. 
ce deuxième tome se termine en apothéose et nous laisse entrevoir une suite excellente. 

Extrait: "J'inspirai profondément et me rassurai en pensant que, puisqu'il ne s'était pas rué par l'ouverture de la grille lorsque Andrew l'avait ouverte, c'est qu'il n'avait pas encore perçu ma présence. Et, si les catacombes étaient aussi immenses qu'on le prétendait, le Fléau se trouvait peut-être à des milles de là! Quoi qu'il en soit, que faire, sinon avancer? La vie de l'Epouvanteur et celle d'Alice dépendaient de ma réussite.

"Le serment du silence" de Linda Castillo

"Le serment du silence" de Linda Castillo.
Ed. France Loisirs 2010. Pages 516.
Titre Original: "Sworn to Silence"

Résumé: Une petite ville paisible de l’Ohio abritant une communauté Amish connaît une série de crimes odieux. Le shérif du coin, Kate Burkholder, a elle-même été victime d’un tueur en série seize ans auparavant. Elle a pu s’échapper et a finalement abattu et enterré son violeur. Pourtant, le tueur d’aujourd’hui laisse les mêmes indices sur les scènes de crime...

La 7 de la page 7: "Il remonta la fermeture Eclair de son manteau jusque sous son manteau, attrapa le vide poche, sa lampe torche et sortit de la voiture." 

Bon, on ne va pas se mentir "Le Serment du silence" n'est sans doute pas le thriller le plus exceptionnel qui ai jamais été écrit. Loin de là. Les personnages sont intéressants sans pour autant être transcendants. L'intrigue est certes efficace mais assez prévisible. "Le serment du silence" n'est clairement pas une révélation. 
Un roman qui se laisse lire sans pour autant enthousiasmer le lecteur. Rien de bien mémorable. 
La seule originalité du roman est qu'il se déroule chez les Amishs. Et même cela, au bout d'un moment, ça n'impressionne plus grand monde. L'auteure aurait pourtant, on le sent, pu nous emmener bien plus loin que cela. C'est dommage. Pas vraiment une déception et certainement pas une découverte. 

Extrait: "Elle ne croyait plus aux monstres depuis l'âge de six ans, lorsque sa mère, le soir, regardait sous son lit et dans le placard pour s'assurer qu'ils n'étaient pas tapis dans l'ombre.  Pourtant, à vingt-et-un ans, ligotée, brutalisée et étendue nue sur le sol en ciment aussi froid qu'un lac gelé, elle se dit que les monstres existaient pour de vrai."

"L'apprenti épouvanteur" de Joseph Delaney

"L'apprenti épouvanteur" de Joseph Delaney.
Ed. Bayard Jeunesse 2005. Pages 276.
Titre original: "The Spook's Apprentice"

Résumé: Septième fils d'un septième fils, Tom perçoit les ombres de ceux qui ont peuplé la terre et ressent la présence des êtres maléfiques. A treize ans, il doit quitter la ferme pour devenir l'apprenti de l'épouvanteur, chasseur de démons et sorcières. Commence alors pour lui une nouvelle vie, difficile. N'écoutant que son bon coeur, il va permettre la libération d'une sorcière particulièrement cruelle que son maître a enfermée dans un puits. Il aura alors à l'affronter à plusieurs reprises avant de la voir disparaître à tout jamais.

La 7 de la page 7: "Avec un boulot pareil, ta fortune est assurée." 

Si vous cherchez un roman pour introduire le monde du fantasy à un public jeune, arrêtez de chercher, on vous présente "L'apprenti épouvanteur" de Joseph Delaney. 
Premier tome qui en compte, actuellement treize. Si les codes du fantasy sont bien présents, la plume et l'intrigue s'adaptent bien à un public plus jeune sans pour autant décevoir les plus âgés. 
On se prend immédiatement d'affection pour Tom, le héro principal. Le jeune garçon voit son destin basculer lorsqu'il entre au service d'un épouvanteur. On entre, en compagnie de Tom, dans le monde des gobelins et autres créatures, avec un plaisir non dissimulé. Tom est un peu (beaucoup) naïf mais il faut bien garder en mémoire que ce roman est destiné à un public jeune. Et ce roman en question est assez bon. Très bon même. On attend la suite avec impatience. Un très bon roman d'introduction à une suite qu'on espère tout aussi bonne. 

Extrait: "Juste après la demie de onze heures, la créature en bas, recommença à creuser. Puis des pas lourds montèrent de nouveau les marches de pierre. De nouveau la porte de la cuisine s'ouvrit, et les bottes sonnèrent sur le carrelage de la salle. J'étais pétrifié. Seul mon cœur bougeait encore, cognant contre mes côtes à les briser. Et cette fois, les pas ne se dirigeaient pas vers la fenêtre. Ils vinrent droit sur moi, poum, poum, poum... Une main invisible me saisit par le col et me souleva, à la manière d'une chatte transportant son chaton.

"Histoire de Lisey" de Stephen King

"Histoire de Lisey" de Stephen King.
Ed. Le Livre de Poche 2009. pages 757.
Titre Original: "Lisey's story"

Résumé: Pendant vingt-cinq ans, Lisey a partagé les secrets et les angoisses de son mari. Romancier célèbre, Scott Landon était un homme extrêmement complexe et tourmenté. Il avait tenté de lui ouvrir la porte du lieu, à la fois terrifiant et salvateur, où il puisait son inspiration. À sa mort, désemparée, Lisey s'immerge dans les papiers laissés par Scott, s'enfonçant toujours plus loin dans les ténèbres qu'il fréquentait... Histoire de Lisey est le roman le plus personnel et le plus puissant de Stephen King. Une histoire troublante, obsessionnelle, bouleversante, mais aussi une réflexion fascinante sur les sources de la création, la tentation de la folie et le langage secret de l'amour. Un chef-d'œuvre.

La 7 de la page 7: "Mais..." 

Ce ne sera une révélation pour personne si je déclare ici que j'ai rarement été déçue par un roman de Stephen King. Et c'est tout en sachant cela que je vous présente "Histoire de Lisey". Et je n'ai vraiment pas aimé. Je ne me suis absolument pas intéressée aux personnages. Et jamais l'histoire ne m'a interpellée. Je me suis fermement ennuyée. C'était long. C'était lent et particulièrement décousu. Tourner les pages d'un Stephen King avec ennui est une expérience nouvelle pour moi. Je n'ai pas grand chose à dire sur ce roman mis à part que je suis totalement passée à côté. Et comme je n'ai vraiment rien de positif à en dire, je préfère m'arrêter là et vous conseiller les autres King. Vraiment n'importe lequel. Il sera de toute façon bien meilleur que "Histoire de Lisey". 

Extrait: " Elle resta longuement étendue sur le lit, à se souvenir d'un jour brûlant à Nashville et à songer -pas pour la première fois- qu'être seule après avoir été deux si longtemps était une bien étrange merdre, en vérité. Elle aurait cru que deux ans auraient suffi pour que l'étrangeté s'efface, mais non; le temps apparemment ne faisait qu'émousser le tranchant le plus acéré du chagrin de sorte qu'il te hachait menu au lieu de te découper en tranches.

mercredi 14 juin 2017

"Le Corps Exquis" de Poppy Z. Brite

"Le Corps Exquis" de Poppy Z. Brite
Ed. Au Diable Vauvert 2015. Pages 337. 
Titre original: "Exquisite Corpse" 

Résumé: Perversion des âmes et poésie du macabre au service d'une des fictions les plus noires jamais publiées sur les serial killers : sans concession, choquante, répulsive. Un roman fascinant et extrémiste. Un livre violent dont aucun lecteur ne sortira indemne.

La 7 de la page 7: "J'ai tenté d'explorer avec des mots les profondeurs de mon âme." 

Si vous me dites que "Le Corps Exquis" vous a complètement laissé indifférent, j'aurais quand même beaucoup de mal à vous croire. Que vous ayez totalement détesté, je peux le concevoir, mais "indifférent", non, ce n'est pas possible. 
Cette histoire d'amour entre deux serial killer, un jeune garçon obsédé par son ex-amant malade ne peut que répugner ou fasciner. Nécrophilie, cannibalisme, Brite ne nous épargne rien. Une rencontre entre Dahmer et Bundy en somme. 
Le texte est brutal et rapide. Brite nous livre, ici, un roman sans concession. 
Si l'histoire est sordide, la plume, elle, y est merveilleusement employée. Presque poétique par moment. Ce qui est loin d'alléger l'atmosphère pesante et malsaine du roman. Que du contraire. Cela lui donne une dimension encore plus terrifiante. 
"Le corps exquis" est magistral, intelligent, percutant et particulièrement bien écrit. Ce livre se referme en posant plus de questions qu'il ne donne de réponse, laissant le lecteur pantois et essouflé par cette intrigue déroutante. De la grande littérature moderne. 

Extrait: "La peine capitale n'a jamais dissuadé les assassins. Même les pires d'entre-nous accueilleraient la mort avec joie. Mais priver un homme du goût de la bière blonde! Je me suis juré de mourir et de rester mort plutôt que de retourner derrière les barreaux.

"Le Trône de Fer: Une danse avec les dragons" (tome15) de George R.R. Martin

"Le Trône de Fer: Une danse avec les dragons" (tome 15) de George R.R. Martin
Ed. J'ai Lu 2015. Pages 537. 
Titre Original: "Song of Ice and Fire: A Dance With Dragons"

Résumé: Tyrion Lannister, membre éminent de la famille régnant sur Westeros, n'aurait jamais imaginé en être un jour réduit à jouer les bouffons. Capturé par des esclavagistes lors de la traversée qui devait l'amener à Meereen, puis vendu à un riche marchand, il doit apprendre à maîtriser l'art difficile de la joute à dos de cochon pour assurer sa propre survie. Mais peu importe la manière, seul compte le résultat : s'il faut en passer par là pour attirer l'attention de Daenerys Targaryen, qui a rétabli la paix dans sa cité en épousant Hizdahr zo Loraq et rouvert les arènes de combat, ainsi soit-il.
Au moins a-t-il réussi à garder la tête sur les épaules, une prouesse dont ne peuvent se targuer tous les nains du royaume. Pendant ce temps, au Nord, les portes de Winterfell demeurent obstinément closes, tandis que la forteresse disparaît peu à peu sous un épais manteau de neige. Ses occupants, victimes d'un mystérieux tueur en série, finissent par se demander si les remparts servent à les protéger de l'assaut de moins en moins probable des troupes de Stannis Baratheon ou à sceller leur tombeau.
Car l'Hiver n'a jamais été si proche…

La 7 de la page 7: "La fillette au sommet, est-ce moi?" 

Dernier tome paru aussi bien en français qu'en anglais... Et on peut dire que l'excitation est à son comble. La tension monte au fur et à mesure qu'on tourne les pages. On sait que la fin est proche et pourtant encore si loin. Mais c'est déjà une satisfaction d'être arrivée aussi loin en compagnie de ces personnages extraordinaires. On s'est attaché à eux et c'est avec regret qu'on fermera ce dernier tome en attendant la suite. 
Daenerys qui devient de plus en plus un leader mais qui semble avoir de réels problèmes pour gouverner. Ne serait-elle, au final, qu'une guerrière? Pas une reine? Pendant que Jon met en valeur son côté de plus en plus humain, c'est chez lui qu'on trouve le réel talent de mener des hommes. Mais on ne peut qu'assister, en spectateur, à la chute du frère de la Garde de Nuit. 
Théon reprend du poil de la bête mais ne nous est pas plus sympathique pour autant, on a du mal à lui pardonner. Et que dire de Cersei pour qui Tyrion est responsable de tous ses malheurs. 
Alors que plane le danger sur Westeros, Aegon apparaît et bouleverse toutes nos convictions. Pièce cachée de l'échiquier, il faudra compter sur lui. 
A qui le trône? On a bien nos favoris. Mais dans le monde de Martin on a appris à ne pas se laisser corrompre par les apparences. Personne n'est à l'abri d'une trahison, d'un faux-pas. 
Un dernier tome qui ouvre la porte à une suite qu'on espère spectaculaire. 

Le plus aimé: Jon Snow. 
Le plus détesté: Cersei Lannister. 

Extrait: "La nuit progressa à pas noirs et lents. L'heure de la chauve-souris céda la place à celle de l'anguille, l'heure de l'anguille à celle des fantômes. Le prince, étendu dans son lit, contemplait le plafond, rêvait tout éveillé, se souvenait, imaginait, se retournait sous sa fine couverture de draps, l'esprit enfermé par des songes de feu et de sang." 

"Fin de ronde" de Stephen King

"Fin de Ronde" de Stephen King
Ed. Albin Michel 2017. Pages 420. 
Titre Original: "End of Watch" 

Résumé: Sept ans après le massacre perpétré par Brady Hartsfield, alias Mr Mercedes, celui-ci gît sur un lit d'hôpital, paralysé, le cerveau endommagé, subissant les essais cliniques expérimentaux du docteur Babineau. Mais le criminel s'aperçoit qu'il est désormais doté de pouvoir de télékinésie. Il intègre le corps du médecin, bien décidé à manipuler et à pousser au suicide son ennemi Bill Hodges.

La 7 de la page 7: "Les deux dans le sac aussi." 

"Fin de Ronde" est le dernier volet de la trilogie Mr Mercedes de Stephen King. J'avais adoré les deux premiers tomes ("Mr Mercedes" et "Carnets Noirs") C'est donc avec beaucoup d'anticipation que j'ai ouvert "Fin de Ronde", la dernière aventure de Bill Hodges. 
Dans celle-ci, on retrouve Brady Hartsfield, "monsieur suicide", meurtrier atypique déjà présent dans le premier volet des aventures. On sent qu'avec "Fin de Ronde", King est prêt à boucler la boucle de sa trilogie. Tout est relié au massacre du Mall. Alors qu'une rescapée du massacre se suicide, alors qu'elle semblait aller bien psychiquement, le doute s'installe dans l'esprit de Hodges. Si les personnages découvrent les tenants et les aboutissants de l'intrigue au fur et à mesure de l'histoire, King fait le choix de donner plus d'informations à ses lecteurs. On sait ce qu'il se trame. Et on reste alerte durant tout le roman, tentant de deviner comment les protagonistes vont découvrir le pot aux roses. 
Une vague de suicides touche la ville et on se demande comme nos personnages vont pouvoir se dépêtrer de cette affaire. 
Là où King nous avait habitués dans les deux premiers tomes à un récit purement dans le style du polar, dans ce dernier volet, il renoue avec ses premières amours telles que la télékinésie. On renoue ici avec un côté surnaturel dans lequel King excelle. Mais sans en faire trop car cela se marie très bien avec le reste de la trilogie. 
"Fin de Ronde" est un excellente fin à Mr Mercedes. Je n'entrerai pas dans la discussion "critique des jeux vidéos" car je pense réellement que ce n'est pas réellement le propos ici, c'est plus un moyen de diriger l'intrigue plutôt qu'autre chose. L'histoire est une apothéose et c'est tout ce qu'on demandait. 

Extrait: "Mais où sont les poissons roses? Il faut qu'elle trouve les roses et quand elle en aura attrapé neuf, toute cette histoire sera oubliée. Du coin de l'oeil, elle voit Babineau rabaisser les fermoirs de sa mallette. Il l'emporte et quitte la pièce. Il s'en va. Ca ne fait rien. Il faut qu'elle attrape les poissons roses, et alors toute cette histoire sera oubliée.

"Le Trône de Fer: Les dragons de Meeren" (tome14) de George R.R. Martin



"Le Trône de Fer: Les dragons de Meeren" (tome 14) de George R.R. Martin.
Ed. J'ai Lu 2014. Pages 537.
Titre Original: " Sonf of Ice and Fire: A Dance with Dragons"

Résumé: A présent que Stannis Baratheon est parti reprendre Winterfell aux Bolton pour s'assurer la domination du Nord, Jon Snow est redevenu le seul maître du Mur. Cependant, le roi autoproclamé a laissé sur place Mélisandre, la prêtresse rouge, qui semble décidée à apporter son aide au bâtard. Les flammes lui révèlent l'avenir, mais quel avenir ? A Meereen, la situation s'enlise : le blocus du port par les esclavagistes ne semble pas vouloir prendre fin, et Daenerys refuse d'envoyer ses dragons y mettre un terme flamboyant. L'enquête visant à démasquer les Fils de la Harpie, coupables des meurtres qui ensanglantent le pouvoir, piétine elle aussi. Seul un mariage pourrait dénouer la situation, mais les prétendants sont nombreux et les conséquences hasardeuses. Quant aux Lannister, ils vont devoir attendre encore un peu avant de pouvoir décoller la tête de leur lutin de frère : le ravisseur de Tyrion a de tout autres projets pour ce dernier...

La 7 de la page 7: "Leurs maîtresse, qui ne devait pas avoir plus de seize ans comme la Daenerys Targaryen de Yunkaï." 

Les choses bougent au Mur et à Winterfell. Mais les Nordiens ne sont pas les seuls à devoir prendre des décisions difficiles, Daenerys n'est pas en reste. 
La tension remonte au fur et à mesure des pages. Martin replace ses pions au Nord pendant que le Sud stagne. 
Le style implacable de Martin fait à nouveau des étincelles et nous fait ressentir le froid du Nord jusque dans nos os. 
Les alliances se font et se défont. Mais c'est surtout dans le personnage de Jon qu'on assiste à la plus grande évolution. Spectaculaire. 
Si parfois on piétine, ce n'est que pour mieux repartir quelques pages plus tard. Il y a assez de rebondissements pour conserver le rythme et l'intérêt du lecteur. 
Certes, certains personnages nous manquent comme Sansa par exemple, mais l'histoire de Jon nous contente. Ne reste qu'un tome avant la fin et devoir attendre la suite annoncée et attendue. On en frémit d'avance. 

Le plus aimé: Jon Snow. 
Le plus détesté: Ramsay Bolton. 

Extrait: " Trois chandelles de suif brûlaient sur l'appui de sa fenêtre pour tenir en respect les terreurs de la nuit. Quatre autres tremblotaient auprès de son lit, deux de chaque côté. Dans l'âtre, la flambée était entretenue, jour et nuit. La première leçon que devaient apprendre tout ceux qui entraient à son service était qu'on ne devait jamais laisser le feu s'éteindre. Jamais." 

"Sauver sa peau" de Lisa Gardner

"Sauver sa peau" de Lisa Gardner
Ed. Le Livre de Poche 2016. Pages 503. 
Titre Original: "Hide" 

Résumé: Sally, Cindy, Lucile... Depuis l’enfance, Annabelle Granger s’est habituée à devoir changer brusquement de prénom, de nom, de maison, de ville, d’histoire… Sans qu’on lui donne la moindre explication. La découverte dans une chambre souterraine de l’ancien l’hôpital psychiatrique de Boston, des cadavres de six fillettes, mortes des années auparavant, fait la une des journaux. Un nom sur un médaillon identifie l’une des petites victimes : Annabelle Granger. L’heure n’est plus à la fuite et Annabelle décide de sortir enfin de l’ombre. Mais le tueur est toujours aux aguets. Il l’attend. Depuis vingt cinq ans…

La 7 de la page 7: "Ma mère, ma mère, ma mère! hurlai-je.

"Sauver sa peau" est mon premier Gardner. C'est donc en mode thriller et découverte que j'ai ouvert ce roman. Le personnage d'Annabelle m'a tout de suite semblé sympathique. Elle est fort torturée mais sans pour autant aller trop loin dans la souffrance. C'est une survivante sans pour autant dégouliner de blessures et de pathos inconvenant. Mais il n'y a pas que le personnage d'Annabelle qui est intéressant. Tous les personnage sont bien écrits et surtout bien exploités. 
Avec ses différents récits, on se demande où Gardner nous emmène. Où vont se joindre toutes ses histoires? Et au trois quarts du roman, on se rend compte qu'on a pas mal piétiné. Sans que cela soit un reproche car on ne se rend pas compte de la lenteur de l'intrigue avant que celle-ci ne s'accélère. Et au moment où tout se rejoint, on ne peut que sentir de l'empathie pour Annabelle qui voit sa vie et ses convictions voler en éclats. Au final, un très bon thriller qui donne envie de découvrir un peu plus l’œuvre de Gardner.  

Extrait: "Le problème, c'est qu'il n'y a pas de bande-son dans la vraie vie. Au cinéma, on sait quand un malheur va arriver parce que les grosses basses vous préviennent. Il n'y a pas une personne au monde dont le cœur ne s'affole en entendant la musique des dents de la mer, et, franchement, c'est réconfortant. On aime avoir des repères. Ça donne un certain ordre au monde. Un malheur peut arriver, mais seulement quand on commence à entendre en fond sonore da-dah, da-dah, da-dah-da-dah."

"Le Trône de Fer: Le bûcher d'un roi" (tome 13) de George R.R. Martin

"Le Trône de Fer: Le bûcher d'un roi" (tome 13) de George R.R. Martin
Ed. J'ai Lu 2013. Pages 487.
Titre Original: "Song of Ice and Fire: A Dance with Dragons"

Résumé: Le destin des Sept Royaumes est sur le point de basculer.
A l'Est, Daenerys, dernière descendante de la Maison Targaryen, secondée par ses terrifiants dragons arrivés à maturité, règne sur une cité de mort et de poussière, entourée d'ennemis. Mais alors que certains voudraient la voir passer de vie à trépas, d'autres entendent rallier sa cause, tel Tyrion Lannister, le Lutin, dont la tête vaut de l'or depuis qu'il s'est rendu coupable du meurtre de son père, Tywin.
Au Nord, où se dresse l'immense Mur de glace et de pierre qui garde la frontière septentrionale des Royaumes, Jon Snow, le bâtard de feu Eddard Stark, a été élu 998e Commandant en chef de la Garde de Nuit, mais ses adversaires se dissimulent des deux côtés du Mur, y compris parmi les troupes de Stannis Baratheon qui ont élu domicile dans ces contrées glacées...

La 7 de la page 7: "Mais quand viendra ta mort véritable, tu vivras de nouveau." 

"Le bûcher d'un roi" est le premier tome de "A Dance with Dragons". Et on sait comme les débuts d'intégrale peuvent être difficiles avec Martin. C'est donc avec un peu (beaucoup) d'appréhension que j'ai commencé l'équivalent du dernier intégral. Là où les tomes précédents étaient moins percutants, j’espérais une meilleure suite. Et ce n'est pas vraiment une suite car on repart en arrière dans l'intrigue avec des personnages différents. On retrouve Daenerys et Tyrion avec une joie non dissimulée. On retrouve surtout Jon qui nous avait assez manqué dans les tomes précédents. Ici, le rythme est déjà beaucoup plus soutenu. On y croise de nouveaux personnages tels Ramsay Bolton. Ca faisait un moment qu'on avait plus un bon vrai méchant dans la saga. Nous voilà servis. Si on est encore loin de l'apothéose des Noces Pourpres, on sent, dans ce tome, qu'on ne reste pas dans l'inaction. Martin sait manier ses effet et nous surprend plus d'une fois dans ce tome où on reprend plaisir là où on ne trouvais que lenteur dans les tomes précédents. 
Un bon commencement pour ce tome et une suite qui se laisse attendre tant on veut en savoir plus. On est soulagé de retrouver notre enthousiasme pour le Trône de fer. 

le plus aimé: Jon Snow. 
Le plus détesté: Ramsay Bolton. 

Extrait: "Au loin, il entendait ses frères de meute l'appeler, de congénère à congénère. Eux aussi chassaient. Une pluie sauvage s'abattait sur son frère noir tandis que celuis-ci déchirait la chair d'une énorme chèvre; elle lavait le sang de son flanc à l'endroit où la longue corne du ruminant l'avait labouré." 

"Miss Peregrine et les enfants particuliers: Hollow City" (tome 2) de Ransom Riggs

"Miss Peregrine et les enfants particuliers: Hollow City" (tome 2) de Ransom Riggs
Ed. Bayard 2014. Pages 502. 
Titre Original: "Hollow City" 
Résumé:  Jacob et les enfants particuliers sont désemparés : Miss Peregrine, changée en oiseau, est prisonnière de son état, suite à l’attaque des Estres, des âmes damnées, sur l’île Cainholm. Les voilà donc livrés à eux-mêmes ! Après avoir essuyé une tempête entre Cainholm et le continent, Jacob et ses amis s’échouent sur une rive de Grande-Bretagne, en 1940, alors que la Seconde Guerre Mondiale fait rage. Entre fuir des Estres déguisés en soldats, des rencontres avec des animaux singuliers, et la recherche de la dernière Ombrune en liberté afin de redonner à la directrice de l’orphelinat sa forme humaine, cette deuxième aventure de la série s’annonce palpitante et pleine de frissons !

La 7 de la page 7: "C'est le moment de lui dire adieu." 

Autant le premier tome des aventures de Jacob m'avait totalement envoûtée, ici, avec cette suite, je n'ai vraiment pas décollé. Pourtant on reste dans la même structure que le premier tome mais ce deuxième tome est, j'espère, juste le tome de transition entre le premier et le troisième. Si cela ne devait pas être le cas, je serait malheureusement déçue par une saga qui partait pourtant si bien. 
J'ai eu l'impression de piétiner du début à la fin. Riggs passe rarement la troisième et on reste bloqué en deuxième sans jamais vraiment s'emballer. 
Le parallèle entre les gitans et les particuliers est trop facile alors que la manière d'aborder la seconde guerre mondiale est, elle, réussie. C'est quand Riggs joue avec l'Histoire qu'il devient brillant. 
J'attends donc le troisième tome pour me faire une idée définitive sur cette saga.

Extrait: "Dans notre dos se dressait le vieux phare qui avait servi de théâtre au soir. C'était là que, sous une pluie de bombes, nous avions failli nous noyer et périr déchiquetés par des balles. Là aussi que j'avais saisi un revolver, appuyé sur la détente et tué un homme -un acte que j'avais encore du mal à comprendre. C'était là, enfin, que nous avions perdu Miss Peregrine, avant de la retrouver et de la soustraire aux mâchoires d'acier d'un sous-marin.

"Le Trône de Fer: Un festin pour les corbeaux" (tome 12) de George R.R. Martin

"Le Trône de Fer: Un festin pour les corbeaux" (tome 12) de George R.R. Martin
Ed. J'ai Lu 2008. Pages 409.
Titre Original: "Song of Ice and Fire: A Feast for Crows"

Résumé: Les cartes changent une nouvelle fois de main : Cersei Lannister, la noire régente, s'empêtre dans la toile d'araignée qu'elle a tissée pour neutraliser sa bru, la petite reine ; arrivée au terme de son éprouvante quête, Lady Brienne, la pucelle de Torth, va faire une découverte aussi inattendue que mortelle ; Sansa Stark, marionnette entre les mains de Lord Petyr Baelish, dit Littlefingers, prépare un retour en force qui devrait faire couler beaucoup d'encre... et de sang ! Un chapitre de plus se clôt sur le royaume des Sept Couronnes, avec son lot d'alliances contre nature, de trahisons sanglantes et de morts inutiles. Et comme le trône de fer ne reste jamais vacant bien longtemps, une nouvelle guerre civile se profile à l'horizon.

La 7 de la page 7: "Au cours de l'escalade, ils croisèrent une douzaine de frères de la communauté; leur passage suscita bien des regards curieux sous les capuchons brun-gris, mais pas la moindre parole de bienvenue." 

Les deux tomes précédents nous ont laissé quelque peu sur notre faim. Et c'est plein d'espoir qu'on ouvre le douzième tome "Un festin pour les corbeaux". Si ce tome est meilleur que les tomes précédents, force est de constater que le démarrage est difficile et douloureux. 
Brienne et Jaime continuent à se balader sur les routes, inlassablement, pendant qu'Arya commence, lentement mais sûrement à nous taper sur le système nerveux. Il lui arrive pas mal de chose mais son côté guerrier, limite ninja, de la jeune fille est trop forcé. 
Cersei reste Cersei, imbuvable. On s'intéresse à la vie sentimentale de Sam, c'est dire...
On retrouve certains personnages qu'on avait perdu de vue depuis quelques tomes déjà et c'est un gros point positif de ce tome. 
Mais, en vérité, on reste toujours avec un goût de trop peu. Il nous reste les manigances de ce bon vieux Petyr à nous mettre sous la dent et une fin assez bonne mais qui ne rattrape pas la lenteur du reste de l'intrigue.
Vivement la suite pour qu'on puisse enfin voir les choses un peu bouger.  

Le plus aimé: Petyr Baelish. 
Le plus détesté: Cersei Lannister. 

Extrait: "Il ne lui tint pourtant pas rigueur de son baiser.
Tu ne saurais croire la moitié de ce qui se passe à Port-Réal actuellement, ma petite chérie. Cersei culbute allègrement d'une bêtise dans une autre, aidée tout du long par son Conseil de sourds, d'aveugles et de corniauds. J'ai toujours prévu qu'elle ruinerait le royaume et se détruirait elle-même, mais je ne m'étais pas une seconde attendu à ce qu'elle le fasse tout à fait aussi promptement. S'en est presque contrariant. Je m'étais bercé de disposer de quatre ou cinq années peinardes pour semer de certaines graines et pour permettre de mûrir à certains fruits, mais maintenant... C'est une bonne chose que je me complaise à prospérer sur le chaos." 

"Par action et par omission" de P.D. James

"Par action et par omission" de P.D. James
Ed. France Loisirs 1980. Pages 451.
Titre Original: "Devices and desires"

Résumé: Le commandant Dalgliesh, qui vient de publier un nouveau recueil de poèmes, part se reposer sur la côte du Norfolk, dans un ancien moulin qu'une de ses tantes lui a légué. Dalgliesh compte bien pouvoir oublier quelque temps à la fois Scotland Yard et son éditeur, mais un psychopathe étrangleur de jeunes filles qui sévit dans le Norfolk semble se rapprocher dangereusement du cap de Larksoken et, en outre, notre poète-détective ne peut se soustraire longtemps à la sollicitude de ses voisins: Alex Mair, directeur de la centrale nucléaire récemment érigée sur le cap; Alice, sa soeur, élégante, réservée, intimidante; Hilary Roberts, directrice administrative de la centrale; Neil Pascoe, écologiste passionné qui, de sa caravane sur la plage, organise la " résistance " à la centrale; Ryan Blaney, artiste peintre veuf et affligé de quatre enfants, locataire indésirable d'un cottage appartenant à Hilary; Miles Lessingham, qui rend cette dernière responsable du suicide de son ami... Et voilà que, au cours de sa promenade du soir, Dalgliesh bute sur un nouveau cadavre portant la " signature " de l'Etrangleur _ certaine mutilation particulièrement macabre. Or, presque aussitôt, on apprend que l'Etrangleur s'est suicidé avant que ce dernier crime ait été commis...

La 7 de la page 7: "Il entra dans le bureau de celle-ci pour laisser une note avec son adresse de vacances." 

On ne peut pas dire que les intrigues de P.D. James soient mauvaises, loin de là, mais je me retrouve toujours avec le même problème avec l'auteur. Sa lenteur. C'est lent. Très lent. Trop lent. Au point de perdre tout intérêt pour l'intrigue au tiers du livre. Pourtant je continue, probablement par curiosité. 
Curiosité, non pas pour l'intrigue mais je veux juste vérifier qu'au moins, une fois, P.D. James sera capable de me surprendre. Et ce ne sera pas avec "Par action et par omission" que cela se produira. 
L'histoire met énormément de temps à démarrer et ne décolle jamais vraiment. 
Pire, je ne suis même pas parvenue à m'intéresser plus de dix minutes aux personnages et à ce qui leur arrivait. Un désintérêt total m'a accompagné durant toute ma lecture. 
On a ici une intrigue où tout le monde ment, tout le monde cache quelque chose et on a du mal, nous aussi, à cacher notre ennui de plus en plus présent. 
Beaucoup de personnages, mais aucun qui ne surpasse les autres, même pas Dalgliesh. 
Bref... Une déception... A nouveau. 

Extrait: "La quatrième victime du Siffleur fut aussi la plus jeune, Valerie Mitchell, quinze ans huit mois quatre jours, et elle mourut parce qu'elle avait manqué le car de vingt et une heures quarante Easthaven-Cobb's Marsh. Comme toujours, elle avait attendu la dernière minute pour quitter la discothèque et la piste n'était encore qu'un magma serré de corps virevoltant sous les projecteurs de fortune quand elle s'arracha aux mains exigeantes de Wayne, cria ses médications à Shirley au sujet de leurs projets pour la semaine suivante, assez fort pour dominer les pulsations rauques de la musique et quitta la salle.

mardi 6 juin 2017

"Le Trône de fer: Les sables de Dorne" (tome 11) de George R.R. Martin

"Le Trône de Fer: Les sables de Dorne" (tome 11) de George R.R. Martin.
Ed. J'ai Lu 2008. Pages 411.
Titre original: "Song of Ice and Fire: A Feast for Crows"

Résumé: Les têtes de nains tranchées ont beau s'accumuler sur le parvis de Castral-Roc, celle de Tyrion, meurtrier présumé de Tywin Lannister, son père, semble toujours solidement juchée sur ses deux épaules. Sa sœur Cersei, désormais régente, ne sait plus qui elle doit haïr le plus : lui ou la petite reine, Margaery, intriguante de basse-cour qui est parvenue à lui ravir le cœur du futur roi, son fils. Ses manœuvres ont beau être cousues de fil blanc, son joli minois et ses nombreux alliés font d'elle une rivale avec qui il faut compter. Pour autant, Cersei a encore quelques vilains tours dans son sac : ce n'est pas aux vieilles lionnes que l'on apprend à mordre...

La 7 de la page 7: "Et c'est en trombe qu'il croisa le char funèbre du seigneur son père pour regagner au plus vite la ville, dans le lointain." 

Avec ce onzième tome, on reste encore dans l'exposition de l'"après-Joffrey". Il y a du nouveau à Port Réal et Cersei se rend compte qu'elle regrette ses anciens "complices" Quitte à jouer au jeu du trône autant disposer des meilleurs joueurs. 
Les îles de Fer continuent à m'indifférer au plus haut point. On se doute que Martin veut en venir quelque part mais il est très difficile de comprendre où. J'ai énormément de mal à m'intéresser au sort des Greyjoy. Ils sont trop excentrés et du coup, on se retrouve loin de l'action. Même si il y en a peu. par contre, on commence à de plus en plus apprécier Jaime. Peut-être parce qu'on déteste de plus en plus Cersei. Et de ce fait on adore Margaery Tyrell. Enfin quelqu'un qui tient ouvertement tête à Cersei. 
Mais on continue à stagner en deuxième sans jamais vraiment embrayer. Le seul personnage qui continue à impressionner dans son évolution est Baelish. Il maintient le lecteur en haleine grâce à ses manières doucement féroces. Sans jamais réellement montrer ses cartes. Il manie le verbe comme d'autres manient l'épée tout en restant mystérieux. 
Sinon, oui, ce tome est lent et long. On attend quelque chose, n'importe quoi. Mais qu'enfin l'intrigue bouge... 

Le plus aimé: Petyr Baelish. 
Le plus détesté: Cersei Lannister. 

Extrait: "Je n'en ai pas envie! Elle n'a qu'à voler, ma bouillie d'avoine! 
Cette fois, Robert balança, le bol, bouillie d'avoine et miel et tout. Petyr Baelish baissa la tête en s'écartant lestement , mais mestre Coleman ne fut pas si prompt. Le récipient de bois l'atteignot en pleine poitrine, et l'explosion du contenu lui barbouilla la figure et les épaules. Pendant qu'il glapissait d'une manière on ne peut moins compatible avec sa maîtrise, Alayne essaya de calmer le petit, mais son intervention venait trop tard, déjà la crise s'était emparée de lui. Saisi d'une main fébrile, un pichet de lait prit l'air à son tour. En voulant se lever, Robert renversa on fauteuil, s'y empêtra, tomba par-dessus. L'un de ses pieds décocha dan le ventre de la jeune fille, une ruade si violente qu'elle en eut le souffle coupé.
Oh, bons dieux de bons dieux! entendit-elle petyr s'exclamer d'un ton écœuré."