dimanche 18 mars 2018

"Ne fais confiance à personne" de Paul Cleave


« Ne fais confiance à personne » de Paul Cleave
Ed. Sonatine 2017. Pages 460.
Titre original : « Trust No One »

Résumé : Il y a pire que de tuer quelqu'un : ne pas savoir si on l'a tué.
Les auteurs de thrillers ne sont pas des personnes très fréquentables. Ils jouent du plaisir que nous avons à lire d'abominables histoires, de notre appétit pour des énigmes qui le plus souvent baignent dans le sang. Ce jeu dangereux peut parfois prendre des proportions inquiétantes et favoriser un passage à l'acte aux conséquences funestes. Eux les premiers, qui pensent connaître toutes les ficelles du crime parfait, ne sont pas à l'abri de faire de leurs fictions une réalité.
Prenez par exemple Jerry Grey, ce célèbre romancier, qui ne sait plus très bien aujourd'hui où il en est. À force d'inventer des meurtres plus ingénieux les uns que les autres, n'aurait-il pas fini par succomber à la tentation ? Dans cette institution où on le traite pour un Alzheimer précoce, Jerry réalise que la trame de son existence comporte quelques inquiétants trous noirs. Est-ce dans ses moments de lucidité ou dans ses moments de démence qu'il est persuadé d'avoir commis des crimes ? Quand la police commence à soupçonner les histoires de Jerry d'être inspirées de faits réels, l'étau commence à se resserrer. Mais, comme à son habitude, la vérité se révèlera bien différente et bien plus effroyable que ce que tous ont pu imaginer !

La 7 de la page 7 : « Non, si j'avais une fille, je le saurais. »

Un écrivain qui souffre d'Alzheimer confond ses souvenirs avec les histoires qu'il a inventées. En voilà un programme alléchant pour ce thriller néo-zélandais. On entre dans ce roman avec les mêmes doutes que son personnage principal. Que peut-on croire ? Est-on dans la réalité ? Dans les dérives d'un cerveau malade ? La frontière entre fiction et réalité est tellement ténue que le lecteur en vient à douter de tous et de tout. Tout comme Jerry. Ce roman, basé sur le doute, est assez bien maîtrisé par Cleave et on passe un bon moment de lecture.
Jerry écrit un carnet alors qu'il n'a pas encore complètement perdu le sens des réalités. Mais même de cela, Cleave parvient à nous faire douter. On suspecte tout le monde sans vraiment savoir si on peut faire confiance à notre héro principal. C'est plutôt bien trouvé de la part de Cleave. Toutefois, si les personnages et l'intrigue sont bien menés, on peut regretter que Cleave en dévoile peut-être un peu trop et un peu trop vite. Et du coup, on en découvre trop vite par soi-même, gâchant ainsi la « surprise » finale de Cleave. On s'en doutait et c'est bien dommage car on aurait voulu être surpris à la fin. Le roman aurait été alors maîtrisé de bout en bout. Un bon roman qui laisse quand même à désirer sur la fin.

Extrait : « Cette entrée ne va pas commencer par une bonne ou une mauvaise nouvelle, mais par une nouvelle étrange. Deux pages ont été arrachées à ce carnet, celles qui suivaient la dernière entrée. Ce n'est pas toi qui l'as fait, et tu n'as pas écrit dessus non plus car toi-moi-nous sommes toujours sains d'esprit. Deux pages blanches disparues. Il est cependant possible que Sandra les ait arrachées pour l'une ou l'autre des raisons suivantes. Soit elle veut que tu penses avoir écrit quelque chose mais que tu ne te souviennes pas quoi, auquel cas son mobile est obscur. Soit elle a trouvé le carnet et était en train de le lire quand elle a renversé quelque chose sur ces pages et a été obligée de les arracher. En tout cas, dorénavant, tu vas devoir faire plus attention à ne pas laisser le carnet sorti. »

mardi 13 mars 2018

"Sleeping Beauties" de Stephen et Owen King

« Sleeping Beauties » de Stephen et Owen King.
Ed. Albin Michel 2018. Pages 828.

Résumé : Un phénomène inexplicable s'empare des femmes à travers la planète : une sorte de cocon les enveloppe durant leur sommeil et si l'on tente de les réveiller, on prend le risque de les transformer en véritable furies vengeresses. Bientôt, presque toutes les femmes sont touchées par la fièvre Aurora et le monde est livré à la violence des hommes. A Dooling, petite ville des Appalaches, une seule femme semble immunisée contre cette maladie. Cas d'étude pour la science ou créature démoniaque, la mystérieuse Evie échappera-t-elle à la fureur des hommes dans un monde qui les prive soudainement de femmes ?

La 7 de la page 7 : « C'est l'incident déclencheur. »

Dans un monde où le harcèlement des femmes fait la une tous les jours et où l'Amérique a voté pour la personne la moins qualifiée pour s'asseoir dans le fauteuil de président, la famille King nous offre ici une vision du monde sans les femmes. Elles s'endorment pour ne plus se réveiller. Non pas qu'elles meurent, elles sont « juste » recouvertes d'un espèce de cocon qui si il leur est enlevé, les rend furieuses (vraiment furieuses)
Et pendant que la Terre voit le nombre de ses membres féminins diminuer et atterrir dans un autre monde, les hommes tentent de trouver une solution. Ils paniquent. Ils ont peur. Et ils font tout ce qu'ils ne sont pas supposés faire. King, père et fils, mettent en avant le côté guerrier de l'homme, la volonté de toujours vouloir tout contrôler. Alors bien sûr, on nous sert des salauds de la pire espèce, mais aussi des maladroits, des justes et des perdus. Ils ne sont pas tous foncièrement mauvais. Le but du roman n'est pas de nous montrer à quel point les femmes sont gentilles et à quel point les hommes sont méchants... Non. On a de tout. Même du côté féminin, ils nous démontrent que tout n'est ni tout blanc ni tout noir. Elles aussi ont leur part d'ombre.
Et c'est là qu'entre en jeu, Evie. Être surnaturel qui tente de créer un autre monde, qui pactise avec les animaux et qui semble en savoir beaucoup plus que ce qu'elle est supposée savoir.
Les auteurs nous entraînent dans le chaos et nous servent un roman qui nous parle, surtout, de la nécessité de pouvoir tous vivre ensemble.
Certains pourraient critiquer le côté manichéen du roman : d'un côté, les hommes, désorganisés et violents. De l'autre côté, les femmes, organisées et vivant en paix. Certes, on pourrait le voir de cette façon mais cela serait une réduction un peu trop facile. Car si l'histoire peut parfois paraître dichotomique, les personnages, eux, sont particulièrement complexes et bien réussis. Et c'est là la grande force de ce roman. On pourrait facilement tomber dans la facilité mais les personnages nous en empêchent. Ils sont tous menteurs, hommes comme femmes. Ils ont tous quelque chose à cacher, quelque chose à se reprocher.
Si il y a quelque longueurs, on leur pardonnera. On écrit pas 828 pages sans temps mort. Il faut penser à la santé mentale du lecteur... Mais la plupart du temps, on a pas le temps de s'ennuyer et quand père et fils embrayent et nous lancent dans leur histoire, il devient très difficile de lâcher le livre. La grosse force de ce roman réside dans ses personnages particulièrement fournis et complexes. On passe un excellent moment de lecture. La maîtrise de Stephen King semble être héréditaire.

Extrait : « Elle se souvint de quelle manière Clint avait renoncé à exercer dans le privé, sans même ouvrir la discussion. Tout le mal qu'ils s'étaient donné pour monter ce cabinet, le soin avec lequel ils avaient choisi, non seulement l'emplacement, mais aussi la ville, optant finalement pour Dooling car c'était le centre urbain le plus peuplé de la région où il n'y avait pas déjà un psychiatre également médecin généraliste. »

lundi 12 mars 2018

"Level 26" de Anthony E. Zuiker

"Level 26" de Anthony E. Zuiker
Ed. J'ai Lu 2010. Pages 441.
Titre Original : « Dark Origins »

Résumé : Les policiers du monde entier répartissent les criminels sur une échelle de 1 à 25, selon leur dangerosité. Un tueur échappe à cette classification. Cruel à l'extrême, insaisissable, sévissant sur tous les continents, il ne connaît aucune limite ni aucun mode opératoire de prédilection : c'est le niveau 26. Un seul homme peut l'arrêter. Il s'appelle Steve Dark, et depuis que ce monstre a massacré sa famille, il s'est juré de cesser de traquer les psychopathes. Mais bientôt, il n'aura plus le choix.

La 7 de la page 7 : « Mais lorsqu'il se retourna pour tirer de nouveau, le monstre avait déjà disparu : il l'entendit sauter à travers un vitrail et atteindre le toit de l'église. »

Soyons très francs, « Level 26 » n'est pas un roman particulièrement intéressant ni particulièrement bien écrit. La seule réelle attraction de ce roman réside dans son côté interactif. Certains chapitres renvoient à un lien Youtube où se trouve des capsules complémentaires à l'histoire écrite. C'est novateur et c'est ça qui m'a particulièrement interpellée. Alors oui, c'est une bonne idée de principe. Et en même temps, c'est une idée désastreuse. Déjà les acteurs choisis ne sont pas ceux que je me représentais. On a donc forcé des visages dans ma périphérie de lecture, ce qui m'a plutôt agacée. Ensuite, certaines capsules n'étaient plus disponibles. Et cela n'a en rien entraver ma lecture. Quel est l'intérêt de l'interactivité du roman ? Du coup, plus aucun...
Mais l'histoire alors ? Servie par des personnages qui souffrent d'une écriture « super-héros » qui les rend peu sympathiques. Un méchant qui va à l'encontre de toute notion de vraisemblance. Un level 26, un super serial killer plus intelligent et efficace que ce qu'on a jamais connu auparavant.On y croit pas un seul instant. L'écriture est simple et ne contient aucune complexité, aucune nuance. Les clichés se suivent et se ressemblent.
Une très grosse déception qui ne me fera pas lire la suite des aventures.

Extrait : « Tom Riggins n'avait jamais aimé la salle de crise de la DAS. Elle ressemblait trop à une salle de cours, avec ses longs bureaux en Formica disposés sur quatre rangées. Riggins se tenait devant les trois écrans HD dits intelligents, des modèles tactiles encore inconnus du grand public, où un simple geste suffisait pour déplacer un fichier, améliore un cliché ou informer les agents sur le terrain. »

vendredi 9 mars 2018

"La fille d'avant"de JP Delaney

« La fille d'avant » de JP. Delaney
Ed Le Livre de Poche 2018. Pages 506.
Titre Original : «The Girl Before »

Résumé : C’est sans doute la chance de sa vie : Jane va pouvoir emménager dans une maison ultra-moderne dessinée par un architecte énigmatique… avant de découvrir que la locataire précédente, Emma, a connu une fin aussi mystérieuse que prématurée. À mesure que les retournements de situation prennent le lecteur au dépourvu, le passé d’Emma et le présent de Jane se trouvent inextricablement liés dans ce récit hitchcockien, saisissant et envoûtant, qui nous emmène dans les recoins les plus obscurs de l’obsession.

La 7 de la page 7 : «Le propriétaire est un architecte. »

Tout d'abord, qui est JP Delaney ? Le pseudonyme de Anthony Capella ou encore Tony Strong. A vous de choisir. Ensuite, « La fille d'avant » est déjà en cours de production cinématographique sous la direction de Ron Howard. Et ça, cela peut être un très bon signe comme cela peut en être un très mauvais avant de commencer sa lecture. Mais comme ce bouquin m'a été recommandé par une de mes collègues qui, sûre d'elle, m'a annoncé que « je ne pouvais pas ne pas aimer ». J'aime les défis, j'ai donc commencé « La Fille d'avant ».
Et elle avait raison. Il faudrait être particulièrement difficile pour ne pas aimer ce thriller psychologique. On pourra souligner une lenteur parfois récurrente au fil des pages, mais personnellement, je n'ai pas vu le temps passer.
Un petit boulet de canon maîtrisé de main d'expert par Delaney. Deux femmes. Une morte, l'autre en deuil. La même maison hautement technologique, érigée par un architecte plus que suspect. La même trame. La même histoire qui se répète. Mais fondamentalement pas le même récit. Delaney nous prouve avec efficacité que la même histoire peut être bien différente selon les personnages que l'on choisit. Et c'est brillant. Le lecteur se fait balader sans arrêt et cela pour son plus grand plaisir. L'écriture fluide permet au lecteur de s'imprégner de cette histoire qui devient de plus en plus complexe, se retrouvant dans l'impossibilité de relâcher son attention et de continuer à tourner les pages sans s'arrêter, jusqu'au dénouement final.
Mais au-delà de l'histoire, pourtant déjà très efficace, ce sont les personnages de Delaney qui font toute la différence. Emma, Jane, Edward, Simon. Qui sont-ils réellement ? A qui faire confiance ? Delaney nous offre des tableaux mouvants de chacun d'entre eux. On ne sait plus où donner de la tête. Qui croire ? On est bousculé dans nos certitudes. Qui sont les réelles victimes ? Le bourreau est-il celui que l'ont croit ? On avance avec délectation dans le sordide et on en redemande, jusqu'à l'explosion finale qui nous laisse pantois. On a été pris par surprise et on souhaite à « La fille d'avant » de connaître le même succès que « La fille du train ».
Un régal.


Extrait : « Bon, d'accord, la maison est extraordinaire. Stupéfiante, époustouflante, incroyable. Les mots ne peuvent pas lui rendre justice. La rue était trompeuse : deux rangées de grandes maisons quelconques, avec cette combinaison de brique rouge victorienne et de fenêtres à guillotine que l'on voit dans tout North London, gravissant la colline vers Cricklewood comme une ribambelle de figurines découpées dans du papier à journal, chacune étant la réplique exacte de sa voisine. Seules les couleurs des portes et des petites fenêtres au-dessus les différenciaient. »

jeudi 15 février 2018

"Une vie sans fin" de Frédéric Beigbeder

"Une vie sans fin" de Frédéric Beigbeder.
Ed. Grasset 2018. Pages 360.

Résumé: « La vie est une hécatombe. 59 millions de morts par an. 1,9 par seconde. 158 857 par jour. Depuis que vous lisez ce paragraphe, une vingtaine de personnes sont décédées dans le monde – davantage si vous lisez lentement. L’humanité est décimée dans l’indifférence générale.
Pourquoi tolérons-nous ce carnage quotidien sous prétexte que c’est un processus naturel ? Avant je pensais à la mort une fois par jour. Depuis que j’ai franchi le cap du demi-siècle, j’y pense toutes les minutes.
Ce livre raconte comment je m’y suis pris pour cesser de trépasser bêtement comme tout le monde. Il était hors de question de décéder sans réagir. »
F. B.
Contrairement aux apparences, ceci n’est pas un roman de science-fiction.

La 7 de la page 7:  "En revenant de la clinique, Romy et entrée dans la cuisine avec un sourcil plus haut que l'autre."

Si  il y a eu beaucoup de polémiques en ce qui concerne ce roman, des petites vexations d'égo entre personnages du monde audiovisuel, ce n'est pas ce qui m'a attirée dans ce roman. Premièrement, j'ai toujours beaucoup aimé la plume acérée de Beigbeder. Deuxièmement, le sujet semblait être intéressant: avoir peur de mourir et tout faire pour que cela ne se produise pas. Sujet qui parle à tout un chacun, la peur de la mort et l'idée de la combattre sont omniprésentes dans nos vies. 
C'est donc avec entrain que j'ai commencé à lire ce roman. Et au bout de quelques pages plutôt réussies, force est de constater qu'on s'ennuie assez vite. Le côté scientifique du texte est assez rébarbatif et ce road-trip scientifique est peu convaincant. On s'ennuie ferme et on ne tente même pas de s'impliquer dans les méandres psychologiques d'un hypocondriaque cauchemardesque beaucoup trop auto-centré que pour intéresser qui que ce soit.
Moi qui suis une grande fan de Beigbeder, ici, je me confronte à ma première grosse déception en ce qui concerne cet auteur. C'est plutôt son roman et sa quête de l'immortalité qui sont sans fin. 

Extrait: "Le selfie est un curriculum visuel, une e-carte de visite, un marchepied social. Le selfie à côté d'une célébrité est plus lourd de sens. Le selfiste cherche à prouver qu'il a rencontré quelqu'un de plus connu que son voisin. Personne ne demande de selfie à un anonyme, sauf s'il a une originalité physique: nain, hydrocéphale, homme-éléphant ou grand brûlé."

"L'allée du sycomore" de John Grisham

"L'allée du sycomore" de John Grisham.
Ed. Le Livre de Poche 2015. Pages 768.
Titre Original: Sycamore Row.

Résumé: Atteint d'un cancer incurable, un riche propriétaire terrien du Mississippi, Seth Hubbard se pend à la branche d’un sycomore après avoir rédigé un testament dans lequel il déshérite ses enfants et lègue toute sa fortune à Lettie Lang, sa femme de ménage noire. L’avocat Jake Brigance est chargé de cette succession. Mais nous sommes à la fin des années 1980, et le conflit juridique qui va opposer la famille et la domestique est aussi brutal et dramatique que le procès pour meurtre qui avait exacerbé les tensions raciales dans le comté de Ford, trois ans auparavant. Un superbe roman où le déchaînement des passions humaines ouvre le chemin d'une possible rédemption.

La 7 de la page 7: "Ozzie quittait l'église avec son épouse et ses quatre enfants quand on l'appela au téléphone."

Pour être honnête, je ne suis pas la plus grande fan de John Grisham. Je le trouve, en règle générale, trop lent et beaucoup trop procédural pour pouvoir attirer mon attention plus que nécessaire. Mais comme "L'allée du sycomore" m'a été offert, je me suis quand même lancée dans cette histoire, mais sans trop y croire. 
Et pourtant, pour une fois, Grisham m'a prise par surprise. Certes c'est un roman lent et long avec beaucoup trop de longueurs inutiles, mais l'histoire est totalement maîtrisée. On en redemanderait presque. Grisham parvient à semer de ci de là des indices qui pourraient permettre au lecteur de comprendre, de lui-même pourquoi ce chef d'entreprise blanc a tout laissé à sa domestique noire. Et quand le lecteur pense avoir enfin touché la vérité du doigt, il se trompe à nouveau, berné par un auteur qui maîtrise son sujet. 
Ca reste du Grisham. Ca reste lent. Et long. Un pavé qui ne nécessitait peut-être pas autant de pages. Mais cela reste une bonne lecture. De plus, elle m'a permis de comprendre ce que j'aimais bien chez Grisham. Cet auteur n'est jamais aussi bon que quand il s'attaque aux tensions raciales. Et maintenant que je sais ça, je vais pouvoir en lire plus de ses romans. Grand bien me fasse. 

Extrait:"Seth Hubbard se trouvait bien à l'endroit qu'il avait indiqué - du moins tout près - mais pas du tout dans l'état attendu; car il oscillait au bout d'une corde, à deux mètres du sol, et tournait lentement sur lui-même sous l'action du vent."

"Débâcle" de Lize Spit

"Débâcle" de Lize Spit
Ed. Actes Sud 2018. Pages 448.
Titre Original: "Het Smelt"

Résumé: À Bovenmeer, un petit village flamand, seuls trois bébés sont nés en 1988 : Laurens, Pim et Eva. Enfants, les “trois mous­quetaires” sont inséparables, mais à l’adolescence leurs rap­ports, insidieusement, se fissurent. Un été de canicule, les deux garçons conçoivent un plan : faire se déshabiller devant eux, et plus si possible, les plus jolies filles du village. Pour cela, ils imaginent un stratagème : la candidate devra résoudre une énigme en posant des questions ; à chaque erreur, il lui faudra enlever un vêtement. Eva doit fournir l’énigme et ser­vir d’arbitre si elle veut rester dans la bande. Elle accepte, sans savoir encore que cet “été meurtrier” la marquera à jamais. Treize ans plus tard, devenue adulte, Eva retourne pour la première fois dans son village natal. Cette fois, c’est elle qui a un plan…
Véritable coup de tonnerre dans le paysage littéraire aux Pays-Bas et en Belgique, immense succès de librairie qui a valu à son auteur les plus grands éloges, Débâcle est un roman choc, servi par une écriture hyperréaliste et intransigeante. Une expérience de lecture inoubliable.

La 7 de la page 7:  Il faut que le nœud soit à la bonne hauteur."

Cela fait maintenant deux ans que je vend ce roman à ma clientèle néerlandophone. Un véritable carton plein pour ce thriller de Lize Spit. C'est donc avec impatience que j'attendais la traduction française. Lorsqu'elle est enfin parue, je me suis jetée sur le roman et l'ai lu à une rapidité déconcertante. 
Et on pourrait croire que c'est un compliment, et en fait, oui et non. Je m'explique, ce roman m'a poussée dans mes retranchements. Un sentiment de malaise s'est vite installé sans jamais vraiment me quitter. Cette impression de catastrophe imminente ne quitte jamais le lecteur qui reste en apnée afin d'avoir le fin mot de l'histoire. Que s'est-il passé entre Eva, Pim et Laurens? Qu'est ce qui a amené ce trio à exploser de manière magistrale. Ce serait facile de croire que, parfois juste l'âge sépare les inséparables. Mais ce n'est pas le cas ici, on ne peut nier l'évidence: quelque chose s'est produit. Et on prédit quelque chose de grave. 
Ce roman m'a fait penser au climat belge après la découverte du drame Julie et Mélissa. Quand enfants, nos illusions et nos libertés se sont évanouies en même temps que nos parents se sont rendu compte que les monstres existaient réellement et vivaient non loin de chez eux. Un climat qui parlera à tous les trentenaires belges. 
Et c'est exactement ce qui va se passer dans ce roman de Spit. Est-ce un thriller? Pas vraiment. Une enquête policière? Ça aurait pu. Mais en fait, c'est un roman sur la perte de l'enfance, l'abandon de cette innocence qui nous rend adulte ou nous détruit telle une pièce d'un puzzle qui restera toujours inachevé. 
Est-ce que j'ai aimé "Débâcle"? Bon sang, non. Je ne l'ai pas du tout aimé. Ce sentiment de malaise de cette enfance gâchée m'a emportée dans des endroits sombres qu'on préfèrerait toutes et tous oublier. Et pourtant, je ne pense pas que le but de ce roman est de se faire aimer. Non. Et c'est sans doute pourquoi ce livre est percutant, brutal et brillamment réussi. Il laisse son lecteur aux abois, ne voulant pas de cette fin qui était pourtant prévisible mais qu'il a refusé d'accepter, ayant trop peur de devoir assister, impuissant, à la débâcle de cette enfance. C'est affreusement brillant. 

Extrait: "Du fait de sa compagnie, j'étais rarement seule. Je me sentais pourtant plus isolée que jamais, faute de pouvoir parler de ce grand secret à Pim et à Laurens, pas seulement parce que j'avais peur qu'il se moquent de moi, mais aussi au cas où ils demanderaient à Mlle Emma de veiller sur eux en plus."

dimanche 21 janvier 2018

"L'étrangleur de Pirita" de Indrek Hargla

"L'étrangleur de Pirita" de Indrek Hargla.
Ed. Babel Noir 2017. Pages 496.
Titre Original: "Pirita Kägistaja".

Résumé: Hiver 1431. À une lieue de Tallinn, le monastère des brigittines est en construction depuis des dizaines d’années. Y cohabitent curieusement moines et religieuses, menés d’une main de maîtresse par Kandis, énigma­tique abbesse. Depuis peu, l’une des sœurs ne ­s’exprime plus que ­par d’obscurs borborygmes. Un collège de savants est réuni pour en déterminer la cause — le malin?? ­Melchior l’Apothicaire découvre en chemin, sous la neige, le cadavre d’un gentil­homme, mort étranglé depuis ­l’automne.
Melchior ne tarde pas à faire appel à sa fille Agatha, qu’il a, en dépit de toutes les convenances, initiée à l’art de la médecine.
Un polar médiéval sur fond de tensions internationales entre Nordiques, Russes, chevaliers teutoniques… et de rivalités culturelles et religieuses, aux confins de la Baltique.

La 7 de la page 7: "La bouche de la femme lui avait murmuré à l'oreille, répondant à ses serments, promettant à son tour, jurant..." 

"L'étrangleur de Pirita" est le quatrième volet de la saga de Melchior l'apothicaire. Toutefois, je n'ai pas eu de difficultés à le lire sans pour autant avoir lu les trois premiers tomes de la saga. 
Par contre, il m'a été très difficile d'entrer dans cette histoire dont la lenteur est peut-être la signature la plus évidente. Cette enquête policière a pour fond un milieu ecclésiastique où, si la plume est agréable, le rythme fait effroyablement défaut. Les personnages sont intéressants mais l'histoire ne nous prend pas. On piétine, on avance et parfois on recule. Si on ne passe pas un mauvais moment, il serait mentir que de dire qu'on apprécie sa lecture à tout temps. Ce roman était beaucoup trop lent pour que je m'y investisse réellement. Dommage car il avait du potentiel. 

Extrait: "L'apothicaire du conseil connaît sa ville. Même si, aux yeux des conseillers et des bourgmestres, il passe plutôt pour un artisan et un boutiquier, qu'on ne saurait décemment comparer à un marchand, il jouit néanmoins de certains privilèges auxquels le citoyens ordinaires n'ont pas droit." 
 

"Underground Railroad" de Colson Whitehead

"Underground Railroad" de Colson Whitehead.
Ed. Albin Michel 2017. Page 398.

Résumé: Cora, 16 ans, est une jeune esclave née sur une plantation de coton en Géorgie. Grâce à César, elle réussit à s'échapper. Leur première étape est la Caroline du Sud, dans une ville qui semble être le refuge idéal mais qui cache une terrible vérité. Il leur faut fuir à nouveau, d'autant plus que Ridgeway, le chasseur d'esclaves, est à leurs trousses.

La 7 de la page 7: "De ces hommes, Ajarry eut cinq enfants, tous mi au monde sur le même plancher de la hutte, qu'elle leur montrait quand ils désobéissaient.
.
Non seulement "Underground railroad" est un livre brillamment écrit mais en plus, Whitehead s'offre le luxe de délivrer un roman intelligent et utile. Dans une Amérique de plus en plus tendue en raison de problèmes raciaux, "Underground Railroad" a de quoi remettre les choses en place. C'est justement dans cette Amérique là que "Underground Railroad" prend toute son ampleur. Un livre coup de poing qui rappelle la sombre période de l'esclavage où les blancs avaient plus de considération pour leur bétail que pour leurs esclaves noirs. "Underground Railroad" c'est l'histoire de ceux qui refusent. De ceux qui s'échappent. De ceux qui disent "non". Mais à quel prix. Dans une fuite qui semble perdue d'avance, Whitehead enfonce ses personnages ainsi que ses lecteurs. Nous sommes piégés dans cette fuite en compagnie des personnages de Whitehead qui ne tombe jamais dans un pathos non nécessaire. Qui raconte une histoire, leur histoire, tout simplement. 
Un livre implacable à mettre entre toutes les mains. 

 Extrait: "La première fois que Caesar proposa à Cora de s'enfuir vers le Nord, Elle dit non. C'était sa grand-mère qui parlait à travers elle. La grand-mère de Cora n'avait jamais vu l'océan jusqu'à ce jour lumineux, dans le port de Ovidah, où l'eau l'avait éblouie après son séjour dans les cachots du fort. C'est là qu'ils avaient été parqués en attendant les navires." 

 

"Bourbon Kid" de Anonyme

"Bourbon KId" de Anonyme.
Ed. Sonatine 2017. Pages 493.
Titre Original: "The Day it rained blood"

Résumé: Les Dead Hunters ont une morale très personnelle. C’est la moindre des choses pour une confrérie de tueurs sanguinaires. Ils ont aussi quelques menus défauts, se croire invincibles, par exemple. Un démon va néanmoins vite les détromper. Malin, fort et intelligent comme seuls les démons savent parfois l’être, il va tranquillement les décimer les uns après les autres. À une exception près. Un des membres des Hunters reste en effet introuvable, et non des moindres : le Bourbon Kid.
Notre démon va alors jeter toutes ses forces dans la bataille, depuis les quatre cavaliers de l’Apocalypse jusqu’à une armée de morts vivants, pour retrouver et anéantir définitivement notre tueur bien-aimé.
Après Le pape, le Kid et l’Iroquois, l’auteur toujours aussi anonyme du Livre sans nom se déchaîne littéralement dans cette nouvelle aventure du Bourbon Kid. Et il fait souffler toutes les forces maléfiques imaginables et inimaginables pour éprouver la capacité de résistance d’un héros que les feux de l’enfer chatouillent à peine.

La 7 de la page 7: "Mais au bout de quelques temps, Cain a découvert que son esprit pouvait pénétrer dans le corps des gens, et si ces gens étaient en état de mort cérébrale, ou dans le coma, il pouvait prendre le dessus et contrôler leur esprit." 

On peut dire que je l'ai attendu longtemps ce dernier tome des aventures du Bourbon Kid. Etant tombée totalement amoureuse de cette saga, c'est avec impatience que j'ai ouvert ce livre. 
Et comme toujours c'est sur une allure rock'n'roll qu'on est accueilli dans cette nouvelle histoire. Toujours aussi déjanté, l'auteur nous emmène encore plus loin dans sa démence créatrice. Les livres d'Anonyme se lisent comme s'écoute un bon album de hard rock. 
On retrouve avec plaisir et acharnement les personnages emblématiques de l'auteur. Ils restent fidèles à ce qu'ils ont toujours été. Et c'est avec tristesse que l'on quitte l'un d'entre eux. Mais qui sait? Rien n'est impossible dans le monde d'Anonyme. 
A nouveau, une grande réussite qui ne nous déçoit jamais. Ou alors, uniquement quand on le referme, triste que cela soit déjà terminé. 

Extrait: "La plainte du moteur de la Mustang détonnait avec le cadre silencieux et serein de la communauté amish d'Oakfield. Bébé et Joey roulaient depuis un certain temps sur un chemin de terre cahoteux lorsqu'ils aperçurent enfin l'Eglise. Bébé remarqua devant la porte un vieux monsieur tout de noir et de gris vêtu, avec des cheveux hirsutes  et une longue barbe touffue. Ce devait être l'évêque Yoder, car il ressemblait exactement à l'idée qu'elle se faisait de lui."
 

"Millenium 5: La fille qui rendait coup pour coup" de David Lagercrantz

"Millenium 5: La fille qui rendait coup pour coup" de David Lagercrantz.
Actes Sud 2017. Pages 399.
Titre Original: "Mannen Som Sökte sin skugga".

Réumé: Suite aux infractions qu'elle a commises en sauvant le petit garçon autiste dans "Ce qui ne me tue pas", Lisbeth Salander est incarcérée dans une prison de haute sécurité pour négligence constituant un danger public. Lorsqu'elle reçoit la visite de son ancien tuteur, Holger Palmgren, les ombres d'une enfance qui continuent à la hanter ressurgissent. Avec l'aide de Mikael Blomkvist, elle se lance sur la piste de crimes d'honneur et d'abus d'Etat, exhumant de sombres secrets liés à la recherche génétique.

La 7 de la page 7: "Ou bien c'est moi qui me mélange les pinceaux." 

"La fille qui rendait coup pour coup" est le cinquième tome de la saga Millenium, dont le deuxième écrit pat David Lagercrantz. Autant le dire tout de suite, j'avais totalement détesté le dernier tome. Il était trop prévisible et tombait trop dans certains clichés du genre. C'est donc avec crainte que j'ai ouvert le cinquième tome. Et, autant le dire tout de suite, j'ai retrouvé un peu des premiers romans dans ce dernier. On est encore loin de l'écriture et de l'intelligence de Larson, mais "La fille qui rendait coup pour coup" est d'une meilleure qualité que son prédécesseur. 
Les personnages sont déjà plus proches de ceux de Larson. Ils retrouvent de la texture et de la profondeur. Ce dont ils manquaient furieusement dans le tome précédent. 
L'intrigue n'est pas mauvaise même si elle n'atteint jamais la qualité de l'auteur original. 
Oui, il y a quelques passages longs et même parfois ennuyeux. Oui, on est parfois dans une intrigue un peu prévisible. Oui, on est encore loin du travail de Larson. Mais si on veut rester totalement objectif, Lagercrantz surpasse le quatrième tome. On sent un travail plus fourni et on passe, malgré tout, un bon moment lecture. 

Extrait: "Mikael était installé avec son laptop dans le train pour Örebro et parcourait le numéro d'été de Millénium, qui devait partir chez l'imprimeur le lundi suivant. Dehors, il pleuvait des cordes. Selon certaines prévisions, il se préparait un des étés les plus chauds depuis longtemps pour l'instant en tout cas, c'était le déluge.


mercredi 3 janvier 2018

"Frappe-toi le coeur" de Amélie Nothomb

"Frappe-toi le coeur" de Amélie Nothomb.
Ed. Albin Michel 2017. Pages 180.

Résumé: « Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie. » Alfred de Musset

La 7 de la page 7: "Grâce à toi, nous avons un vrai mariage d'amour, un dîner simple, une soirée avec nos véritables proches, dit-il en dansant avec elle." 

Le sujet de "Frappe-toi le coeur" est tout autant complexe que simplissime. L'histoire d'une mère et d'une fille. De la jalousie de la première envers la deuxième. L'idée est percutante, la plume suit le mouvement. Nothomb n'a pas son pareil pour écrire la jalousie et l'envie. Nothomb met en avant le point de vue de Diane en avant, cette enfant mal-aimée. Nothomb est juste, elle frappe au coeur (sans mauvais jeu de mots) 
Diane va de déception en déception, et c'est avec tristesse et compassion qu'on suit son existence qui tourne dans cette boucle où l'amour maternel l'a enfermée. Un Nothomb efficace qui laisse le lecteur sur sa faim. Pour une fois, on aurait aimé que l'auteur nous en dise plus et ne nous laisse pas seuls à nos tristes réflexions. 

Extrait: "Quelques jours plus tard, comme elle rentrait de l'école, Diane dut contourner des travaux et s'aventura sur la chaussée. Elle vit un camion rouler droit vers elle. Hypnotisée par ce bolide, elle ne s'écarta pas. Il pila trop tard: elle fut renversée. Le conducteur épouvanté appela les secours. Il raconta aux ambulanciers l'attitude étrange de la fillette, qui, heureusement n'avait rien de sérieux." 

"La chambre des époux" de Eric Reinhardt

"La Chambre des époux" de Eric Reinhardt. 
Ed. Gallimard 2017. Pages 174. 

Résumé: Nicolas, une quarantaine d’années, est compositeur de musique. Un jour, sa femme Mathilde apprend qu’elle est atteinte d’un grave cancer du sein qui nécessite une intense chimiothérapie. Alors que Nicolas s’apprête à laisser son travail en plan pour s’occuper d’elle, Mathilde l’exhorte à terminer la symphonie qu’il a commencée. Elle lui dit qu’elle a besoin d’inscrire ses forces dans un combat conjoint. Nicolas, transfiguré par cet enjeu vital, joue chaque soir à Mathilde, au piano, dans leur chambre à coucher, la chambre des époux, la symphonie qu’il écrit pour l’aider à guérir. S’inspirant de ce qu’il a lui-même vécu avec son épouse pendant qu’il écrivait son roman Cendrillon voilà dix ans, Éric Reinhardt livre ici une saisissante méditation sur la puissance de la beauté, de l’art et de l'amour, qui peuvent littéralement sauver des vies.

La 7 de la page 7: "Les articles et les invitations à parler de mon roman dans les médias se multipliaient, celui-ci gagnait des places dans la liste des meilleures ventes, Jean-Marc Roberts intriguait tout azimut et me racontait chaque matin par le menu après m'avoir communiqué euphorique les chiffres de vente de la veille, ses stratégies sophistiquées." 

J'ai eu beau tourner et retourner dans tous les sens "La Chambre des époux", je ne suis jamais parvenue à y trouver le moindre intérêt. Les phrases interminables de Reinhardt m'ont directement enrhumée dans ma lecture. Là où certains verront une sophistication littéraire, je n'ai trouvé que superficialité banale de phrases consécutives qui ne m'ont jamais atteinte. 
On est dans une "semi-fiction", "semi-biographie" totalement auto-centrée qui exclut magistralement le lecteur. Le ton est pompeux, prétentieux, parfois même narcissique. 
"Le mariage des époux" est un très grande déception. Je n'y ai trouvé aucun intérêt, pire ,aucun plaisir. 

Extrait: " La serveuse est venue me voir à plusieurs reprises, désemparée et attendrie par ce chagrin insatiable, voulant s'assurer que je n'avais besoin de rien (je percevais touché son désarroi, son impuissance émue) mais avec le souci constant de ne pas se montrer importune." 

 

mercredi 27 septembre 2017

"One of us is lying" de Karen McManus

"One of us is lying" de Karen McManus
Ed. Penguins Books 2017. Pages 368.

Résumé: Pay close attention and you might solve this.
On Monday afternoon, five students at Bayview High walk into detention.
Bronwyn, the brain, is Yale-bound and never breaks a rule.
Addy, the beauty, is the picture-perfect homecoming princess.
Nate, the criminal, is already on probation for dealing.
Cooper, the athlete, is the all-star baseball pitcher.
And Simon, the outcast, is the creator of Bayview High’s notorious gossip app.
Only, Simon never makes it out of that classroom. Before the end of detention Simon's dead. And according to investigators, his death wasn’t an accident. On Monday, he died. But on Tuesday, he’d planned to post juicy reveals about all four of his high-profile classmates, which makes all four of them suspects in his murder. Or are they the perfect patsies for a killer who’s still on the loose?
Everyone has secrets, right? What really matters is how far you would go to protect them.

La 7 de la page 7: "Mr. Avery points towards the sink at the back of the room, it counter crowded with beakers and petri dishes." 

Premier roman de Karen McManus. On est clairement dans un roman jeunesse qui s'adresse à des adolescents aussi bien dans le style que dans l'intrigue. Si il y a parfois quelques faiblesses dans le texte, on ne peut que constater que cette histoire fonctionne plutôt bien. Une salle de retenue, un mort et quatre suspects qui auraient plus de raisons de tuer la victime que ce qu'il n'y paraît aux premiers abords. Si les secrets de chacun sont quelque peu prévisibles, on passe tout de même un bon moment. Cela nous permet également d'entrer dans la vie de ces jeunes et de leur quotidien dans ce lycée américain. Les personnages sont attachants et si le dénouement est un peu trop prévisible, on reste sur un très bon thriller jeunesse.

Extrait: "A sex tape. A pregnancy scare. Two cheating scandals. And that's just this week's update. If all hyou knew of Bayview High was Simon Kelleher's gossip app, you'd wonder how anyone found the time to go to class."

"La villa rouge" de James Patterson

"La villa rouge" de James Patterson
Ed. L'Archipel 2017. Pages 472.
Titre Original: "Murder House".

Résumé: Dans les Hamptons (Long Island), au 7 Ocean Drive, se dresse une impressionnante maison à la façade gothique avec une vue imprenable sur l’océan.Mais elle est à l’abandon depuis plusieurs années et tombe en décrépitude. On la dit maudite. Il est vrai que la Villa rouge, telle qu’on la surnomme, a été par le passé le théâtre d’une série de meurtres jamais résolus.
Quand un nabab d’Hollywood et sa maîtresse y sont retrouvés sans vie, tous pensent que la malédiction frappe de nouveau.
Jenna Murphy, une ancienne flic de New York, va mener l’enquête. Elle qui, enfant, jouait sur la plage non loin de la maison, voit ressurgir en elle une terreur qu’elle croyait pourtant éteinte…
Mais la Villa rouge n’a sans doute pas encore révélé tous ses mystères… et Jenna pourrait bien en être la prochaine victime. 

La 7 de la page 7: "Leurs destins ne se sont pourtant croisés que six semaines auparavant." 

On ne peut pas dire que le quatrième de couverture de "La villa rouge" ne soit pas alléchant, ce serait mentir. Les personnage sont intéressant mais ne permettent pas toujours au lecteur de s'investir en eux. Et si l'intrigue est intéressante, il est important de constater qu'au final, elle en révèle trop, trop vite. On devine vite qui se cache derrière les traits du tueur. Et de ce fait, on est totalement agacé que le personnage principal semble incapable de le trouver elle-même. 
La fin est prévisible et là où on nous révèle la grande surprise finale, on n'est pas particulièrement surpris car cela faisait déjà un moment qu'on avait découvert le pot aux roses. Dommage. 

Extrait: "Lorsqu'il se réveille, il fait encore nuit et un souffle d'air froid pénètre dans sa chambre par la fenêtre ouverte. Il se lève une heure plus tard en temps ordinaire, mais il n'a quasiment pas fermé l'oeil de la nuit, dans l'attente de cette journée. Il n'est même pas certain d'avoir dormi."